Reportée généralement au dimanche qui suit la date fixée dans le calendrier, cette fête donnait lieu à la procession du Saint-Sacrement.
Dans les rues des villes, où portes et murs étaient tapissés de draps blancs et ornés de fleurs et de feuillage, la procession s’avançait en longues files d’hommes, de femmes, de fillettes habillées de blanc couronnées de roses et de bleuets, et d’autres enfants. Puis, précédant les prêtres en habits sacerdotaux, venaient les enfants de chœur revêtus d’aubes blanches manoeuvrant les encensoirs. Les enfants portaient de petits paniers suspendus à leur cou et remplis de pétales de roses effeuillées, destinées à être projetées et répandues devant le dais et à joncher le sol.
Des couronnes de ces fleurs et des bouquets en forme de croix apportés à l’église et aux reposoirs, et auxquels on faisait toucher l’ostensoir, étaient dans beaucoup de familles bressanes soigneusement conservés : on suspendait la couronne au bénitier de famille, près du lit. Autrefois, les bouquets en forme de croix, faits aussi de feuillage et de fleurs, étaient placés sur les toits de chaume pour appeler les bénédictions du ciel sur la maison.
A chaque reposoir placé sur le parcours, la procession s’arrêtait et, des marches de l’autel, le prêtre donnait la bénédiction aux fidèles agenouillés. Dès que le cortège s’était éloigné, on raconte que des mères de famille venaient en hâte vers le reposoir pour y rouler consciencieusement sur l’autel, à l’endroit qu’avait occupé le Saint-Sacrement, leur enfant pour qui elle redoutait la faiblesse des reins (le rachitisme) ou « la patte d’oie », maladie de dénutrition lente assez fréquente dans la première enfance. Cette pratique très en usage était considérée comme un moyen de préservation générale pour toutes les maladies.
A Sainte-Croix, la Fête-Dieu était l’occasion d’une procession dont certains habitants se souviennent encore allant du presbytère à la cour du château de Varax. Tous les habitants venaient en procession voir la statue de la Sainte Vierge sous un dais porté par quatre villageois : au reposoir, dans la cour du château, le chœur de chant de la paroisse offrait des cantiques.